Les indispensables de la rentrée en sciences humaines

Les indispensables de la rentrée en sciences humaines

Les sciences humaines sont un domaine parfois obscur pour beaucoup d'entre nous. Heureusement, Raphaël, notre libraire spécialisé en sciences humaines, vous a fait une sélection des titres qui pour lui sont indispensables !

Nous étions seulement des enfants
15,00

« Pendant longtemps, pour se souvenir des nombreux enfants qui n’ont pas pu grandir, il n’y avait rien. Rien pour dire qu’ils avaient été tués parce que nés juifs, ni même pour dire qu’ils avaient vécu, qu’ils avaient ri, joué et pleuré… Comme s’ils n’avaient jamais été là. »
Rachel Jedinak a survécu à la première rafle du Vél’d’Hiv, en juillet 1942. Ses voisins, ses cousines ou ses camarades de classes, eux, n’ont pas eu sa chance. Après s’être battue pendant des années pour faire apposer, dans les écoles, collèges et lycées, des plaques aux noms de ces élèves oubliés, elle leur rend ici un dernier hommage.
Dans ce récit, tendre et délicat, elle raconte les parties interminables d’osselets sur les trottoirs, puis les camarades de classe qu’on regarde jouer dans le jardin public où l’on n’a plus le droit d’entrer. Et enfin, les traques, les rafles, les petits qui hurlent de chaud dans la Bellevilloise puis la fuite. Rachel Jedinak nous dit finalement la guerre de la plus universelle des langues : celle des enfants.

Rachel Jedinak a 84 ans. Elle préside le comité Tlemcen qui, depuis plus de vingt ans, se bat pour le souvenir des enfants disparus.


Jean Moulin / l'affranchi

Vergez-Chaignon, Bénédicte

Flammarion

24,00

Berlin, 1933

Schneidermann, Daniel

Le Seuil

23,00

Quand Hitler arrive au pouvoir en janvier 1933, ils sont quelque 200 journalistes occidentaux en poste à Berlin. Très peu d'entre eux seront expulsés. La plupart vont rester dans la capitale du Reich. Américains, Britanniques, Français, tous bons connaisseurs de l'Allemagne et souvent germanophiles, ils travaillent selon les standards démocratiques de la liberté de la presse. Mais leurs interlocuteurs quotidiens s'appellent Goering ou Goebbels. Alors qu'autour d'eux s'abattent bientôt les persécutions sur les Juifs et les opposants, ils se battent pour décrocher une confidence off the record ou la faveur d'une interview du dictateur. Pourquoi n'ont-ils pas alerté le monde sur la folie et la barbarie de l'hitlérisme, pourtant perceptibles dès le début ? L'anticommunisme viscéral de leurs employeurs, un air du temps qui banalise les dictatures, la sidération devant l'énormité sans précédent de ce que voient leurs yeux, et mille autres causes encore : tout se conjugue pour produire un aveuglement médiatique collectif qui ouvrira la voie, à partir de 1941, au déni planétaire de la Shoah. Voici, fondé sur un travail de sources considérable, la chronique passionnante de la vie quotidienne des journalistes occidentaux en poste à Berlin de 1933 à 1941. Un récit hanté de bout en bout par cette question : sommes-nous certains d'être mieux armés aujourd'hui pour rendre compte des catastrophes hors normes, pour nommer le Mal ? Daniel Schneidermann est journaliste, créateur et animateur de l'émission, puis du site, « Arrêt sur images ». Il est par ailleurs l'auteur de plusieurs essais, romans, et récits.


Infographie de la Seconde Guerre mondiale
27,00

Dirigé par Jean Lopez, avec la collaboration de Nicolas Aubin et Vincent Bernard, et superbement mis en scène par le data designer Nicolas Guillerat, ce livre exceptionnel, tant par sa forme que son contenu, est le fruit de l'association de compétences complémentaires réunies pour la première fois. Il part d'un constat : la masse de données disponible sur la Seconde Guerre mondiale n'a jamais été aussi importante mais il est devenu difficile de lui donner du sens et, surtout, d'en rendre compte à un large public. Il fallait donc inventer, dans une démarche historienne et en puisant aux meilleures sources internationales, une forme permettant à la fois de traiter la masse de données (data) disponible et de les rendre intelligible au plus grand nombre. Cette forme, c'est l'infographie, et le résultat est époustouflant, qu'il s'agisse de renouveler nos connaissances, de visualiser les grandes lignes du conflit, de comprendre aisément des phénomènes complexes ou tout simplement de relier des aspects de la guerre jusqu'ici éclatés.

En quatre parties ‒ Mobilisations, productions et ressources, Armes et armées, Batailles et campagnes, Bilan et fractures ‒ rassemblant une soixantaine de grands thèmes ‒ l'équation pétrolière, qu'est-ce qu'une division d'infanterie ?, l'opération Barbarossa, la logistique alliée en Europe, la reconquête américaine du Pacifique, le système concentrationnaire nazi, l'épopée de la France libre, les pertes allemandes, la guerre dans le désert… ‒, c'est bien tout le second conflit mondial qui est ici repensé à travers une forme particulièrement accessible, profondément originale et non moins esthétique.


Directeur de la rédaction de Guerres et histoire, Jean Lopez est l'auteur de plusieurs ouvrages qui font autorité sur le front germano-soviétique dont, avec Lasha Otkhmezuri, une biographie de Joukov unanimement saluée. Il a en outre codirigé, avec Olivier Wieviorka, Les Mythes de la Seconde Guerre mondiale (2 volumes) et publié Les cents derniers jours d'Hitler.

Spécialiste reconnu d'histoire militaire, Vincent Bernard a déjà publié une biographie remarquée du général Lee et de son grand adversaire, le général Grant.

Agrégé d'histoire, Nicolas Aubin est spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et contribue à de nombreuses revues d'histoire militaire. Il est l'auteur des Routes de la liberté. La logistique américaine en France et en Allemagne, 1944-1945.

Graphiste de formation, Nicolas Guillerat s'oriente, après un détour par la publicité, vers la datavisualisation. Il enseigne par ailleurs le data design.


Histoire mondiale de la France

Boucheron Patrick

Points

14,50

Histoire mondiale de la France L'Histoire mondiale de la France est devenue un livre événement: plus de 100 000 exemplaires vendus, un immense succès public, des débats nombreux et une reconnaissance internationale. Le projet reste d'une actualité brûlante : face aux crispations identitaires qui dominent le débat public, comment défendre une conception ouverte et pluraliste de l'histoire ? Et faut-il pour cela abandonner l'objet « Histoire de France » aux récits simplificateurs ? À ces questions, les historiennes et historiens engagés dans cette aventure éditoriale ont tenté d'apporter des réponses simples et concrètes. Elles tiennent dans la forme même du livre : une histoire de France, de toute la France, en très longue durée, qui mène de la grotte Chauvet aux événements de 2015. Une histoire qui ne s'embarrasse pas plus de la question des origines que de celle de l'identité, mais prend au large le destin d'un pays qui n'existe pas séparément du monde qu'il prétend même parfois incarner tout entier. Ce livre qui a fait date est proposé dans une édition augmentée de quinze notices inédites. Directeur d'ouvrage : Patrick Boucheron est professeur au Collège de France. Coordinateurs : Nicolas Delalande est professeur associé au Centre d'histoire de Sciences Po ; Florian Mazel est professeur à l'université Rennes 2 ; Yann Potin est chargé d'études documentaires aux Archives nationales ; Pierre Singaravélou est professeur à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne. Prix Aujourd'hui 2017